La quatrième année de Maléfices eut pour cadre un tout autre jour. Dans la ville des lumières j'affrontais un nouvel adversaire: l'ennui.

Les cours dans lesquels je choisis de me trouver avaient une saveur aigre face au souvenir doux de mon ancienne université où professeurs et étudiants étaient si proches. Là-bas, sans attache ni repères, je me retrouvais perdu et soumis à ma peur viscérale de la première parole. Je ne la prononçais donc pas. Je demeurai comme je l'avais fait longtemps auparavant, simple spectre dans le flot des savoirs, allant et venant sans prendre aucun intérêt aux personnes et aux histoires qu'ils représentaient.

Cette année contint également ma première tentative d'écriture d'une histoire un peu plus développée que les autres. Sa naissance fut spontanée. D'une idée simple et évasive naquit L'Alchimie d'Un Ange. En elle ressortent mes idées (bien faibles et peu étayées) sur le concept de mortalité et sur celui, hérité de mes années lycée, de la société impersonnelle. Les personnages sont rapidement esquissés et monochromatiques. Il n'était pas possible pour moi d'aller au-delà de cela. Ce fut cependant une bonne expérience qui me permit de confirmer que je pouvais commencer à considérer écrire non plus des histoires courtes au style dense mais des récits dans lesquels les personnages ne sont pas des sculptures mais de vrais êtres vivants (même si cette idée est difficilement applicable à Chad ou à la Femme)

Les textes de cette période sont ainsi, pour la dernière fois, très conceptuels. Cet état de l'écriture devint  de plus en plus rare jusqu'à n'être plus qu'exceptionnel. Le glas de l'irréalisme venait de sonner dans mes textes.

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